Après des études à Reims il sera évêque de Laon et archevêque de Reims. Il fut Chancelier du roi carolingien Lothaire (974) qui l'accusa de trahison.
Hughes Capet , duc de France, fit proclamer son innocence à l'assemblée de Senlis. En signe de reconnaissance, Adalbéron proposa que le duc de France fut nommé roi à titre provisoire, le trône étant vacant.
Il soutint que le prétendant carolingien, Charles de Lorraine, n'avait pas de droits au trône notamment en raison du fait qu'il était vassal du roi de Germanie et le fit arrêter en 991.
Ce puissant soutien conduisit à l'élection de Hugues Capet, premier des Capétiens, en qualité de prince national.
* A lire également : l'Avènement d'Hugues Capet dans la rubrique Textes en Ligne.
Guibert de Nogent évoque en termes incisifs Adalbéron, agent essentiel de l'évolution du royaume à la fin du Xe siècle, dans son autobiographie,
De vita sua sive Monodiarum libri tres (début du XIIe siècle), traduite par Edmond-René Labande :
"Au moment de parler maintenant, comme nous nous y sommes engagé, des gens de Laon, ou plus exactement de représenter leurs tragédies, il convient en premier lieu de dire que l'origine de tout le mal résida (c'est là notre avis) dans la dépravation de leurs évêques. Origine très lointaine à vrai dire, mais nous estimons que, pour la lier à notre récit, il nous faut partir d'Ascelin, également nommé Adalbéron. Ce prélat, originaire de Lorraine selon nos recherches, possédait de grands biens et était riche en terres ; tout cela, il l'employa à faire d'immenses donations au siège qu'il gouvernait. Son église fut en effet dotée par lui de magnifiques ornements, il améliora grandement les conditions de vie des clercs et de l'évêque, mais il souilla cette abondance de bienfaits par une extraordinaire iniquité. Qu'y a-t-il de plus scélérat, de plus ignomonieux pour sa mémoire que d'avoir trahi son seigneur le roi, un enfant innocent auquel il avait juré fidélité, et d'avoir détourné vers une autre famille le cours de la descendance de Charlemagne ? Et ce crime il le perpétra, à l'instar de Judas, au jour même de la Cène du Seigneur."
(note : C'est dans la nuit du dimanche des Rameaux au lundi saint 991 que selon Richer, Adalbéron fit arrêter Charles de Lorraine et Arnoul, archevêque de Reims).
Dans le poème satirique,
Poème au roi Robert (1020), dédié à
Robert le Pieux, il tente d'expliquer la notion de société féodale tripartite qui commençait à se mettre en place : Il divisait les hommes en deux catégories et définissait ainsi la condition de chacun de ces groupes d'hommes. Dans le premier groupe il plaçait les clercs qui prient, les seigneurs ou nobles qui combattent. L'autre groupe est celui des travailleurs ou la classe servile. "
Fournir à tous l'or, la nourriture et le vêtement, telle est l'obligation de la classe servile."
Une partie des paysans connaîssait un sort particulièrement peu enviable : les serfs, sans doute les descendants des anciens esclaves ou
colons de la fin de l'empire romain, "
taillables et corvéables à merci", au sujet desquels Adalbéron écrivait "
Hélas ! il n'y a aucun terme aux larmes et aux gémissements de ces malheureux." Ils étaient entièrement soumis aux volontés de leur seigneur, étaient attachés à la glèbe et ne pouvaient quitter leur terre, ni se marier sans son consentement ou même transmettre un héritage, aussi minime soit-il. Ils devaient en outre acquitter le
cens (fermage), payer une taxe personnelle, la
taille et accomplir un nombre de
corvées décidées par le seigneur.
Le servage, transmis par les femmes, disparut lentement au fil des siècles. Le 11 juillet 1315 Louis X le Hutin affranchit les serfs en contrepartie du versement d'une somme d'argent. Necker fera abolir le servage dans le domaine royal en 1779. L'esclavage ne fut définitivement aboli par la Convention qu'en 1794.
Les trois ordres :
oratores, bellatores, laboratores étaient déjà au IXe siècle, pour le roi
Alfred le Grand d'Angleterre la base de la société chrétienne qui se composait des
gebedmen (hommes pour la prière), des
fyrdmen (hommes pour la guerre) et des
weorcmen (hommes pour le travail).
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