ABBÉ [ n.m.]
Issu de l'araméen abba, père, le terme désigne un moine élu par ses égaux à la tête d'une abbaye ou d'un monastère, généralement à vie. Il désigne ensuite ceux qui l'assistent tels le prieur, le cellérier, le maître des novices, le portier ou l'infirmier. Un abbé laïc était un vassal qui en échange de la jouissance de terres monastiques rendait le service militaire au prince.

ACRE [ n.m.]
Mesure agraire employée dans certaines régions de France, particulièrement le Nord-Ouest. L'acre correspondait à la surface labourée en un jour et valait en moyenne 52 ares.

ADOUBEMENT [ n.m.]
Cérémonie par laquelle un homme est fait ou ordonné chevalier. De à et du francique dubban, frapper. Le nouveau chevalier reçoit de l'adoubeur un violent coup sur la nuque du plat de l'épée (colée, paumée).

AFFRANCHIR
On trouve le verbe vers 1190 chez le Châtelain de Coucy . Il signifie libérer un ancien esclave qui reste cependant lié à son ancien maître, ou à celui qu'il a choisi, par le droit de patronage.

ALEXANDRIN [ n.m.]
Le terme est tiré du Roman d'Alexandre ( XIIe siècle) qui fut écrit dans ce type de vers.
L'alexandrin, vers français de douze syllabes, domina à partir de 1200 dans les chansons de geste et la poésie religieuse. Il persista jusqu'au XIVe siècle, puis disparut. C'est Pierre de Ronsard qui le remettra à l'honneur.

ALLÉGORIQUE
Qui tient de l'allégorie.
L'allégorie est un récit ou une description qui, pour exprimer une idée générale ou abstraite, recourt à une représentation concrète de la réalité sous forme de personnifications.
La Psychomachia [le Combat de l'âme] de Prudence (IVe siècle), qui fut un des ouvrages les plus lus pendant des siècles, évoque de façon allégorique les luttes qui opposent les vertus chrétiennes et les vices paiens dans l'âme humaine. Cette personnification de notions abstraites se retrouvera dans un genre littéraire très prisé au Moyen Âge qui développa une imagerie allégorique à partir du XIIIe siècle. Raoul de Houdenc par exemple sera l'auteur de la première grande allégorie narrative avec le Songe d'enfer, et appliquera l'allégorie descriptive à un sujet profane dans le Roman des Eles de courtoisie.

ANATOMIE [ n.f.]
voir Jacques Dubois .

ANSANGE [ n.m.]
Surface rectangulaire de 40 perches de long sur 4 perches de large, à raison d'une perche de I0 pieds. Estimé à un peu plus ou un peu moins de I4 ares selon les auteurs contemporains.

ANTIPHONAIRE [ n.m.]
Livre utilisé par le chœur pour chanter les réponses aux différentes heures de l'office divin. Ph. de Thaun orthographiait antifinier en 1119. On écrira antiphonar au début du XIVe siècle. Du latin ecclésiastique antiphonarius, de antiphona, chant alterné, emprunté au grec anti, contre, et phônê, voix.

AQUILON [ n.m.]
Nom latin (aquilo, -onis) du vent du Nord dont on trouve la première mention dans Fet des Romains [1213]. Le terme finit par désigner le Nord.

ARAIRE [ n.m.]
De l'ancien provencal araire, du latin aratrum, charrue.
L'araire est un instrument de labour qui, à la différence de la charrue faite pour retourner la terre, rejette la terre déplacée de part et d'autre du sillon creusé. Déjà mentionné au IVe millénaire avant Jésus-Christ, il apparaîtra sous nos latitudes deux millénaires plus tard. L'araire était appelé binot dans le Nord.

ARPENT [ n.m.]
Unité de mesure agraire divisée en quatre quartiers, chaque quartier se divisant en quarterons. La surface de l'arpent pouvait selon les régions varier de 30 à 60 ares. L'arpent carolingien (environ I2 ares) disparut au cours du XIIe siècle.

ARTHURIEN
On appelle "cycle arthurien" une série d'œuvres écrites sur plusieurs siècles par de nombreux auteurs de différentes nationalités.
Elles présentent l'histoire de la Grande Bretagne et les aventures de ses vaillants protagonistes qui respectent un code de l'honneur emblématique des valeurs fondamentales des chevaliers de la Table Ronde.
Arthur, chef légendaire, incarnant la résistance des Celtes aux conquérants anglo-saxons, naquit semble-t-il dès le VIe siècle chez les conteurs bretons. Il est mentionné en une quarantaine de lignes par Nennius en 826 dans Historia Brittonum. On le retrouve chez Geoffroy of Monmouth en 1136, dans Historia regum Britanniae qui sera adapté par Wace en 1155 (le Roman de Brut ).
La figure romantique du roi Arthur s'appuie probablement sur une base historique : Un chef guerrier celte du Ve ou du VIe siècle. The Annales Cambriae (Xe siècle) relate la bataille du Mont Badon qui se serait déroulée en 518, au cours de laquelle Arthur, portant sur les épaules la croix du Christ, fut vainqueur. Il était également présent lors de la bataille de Camlan en 539. Il serait mort en 542, après un règne de 22 ans, selon le marquis de Bath (Arthur, 1428). Il sera mentionné dans de nombreuses œuvres, notamment de Marie de France , Chrétien de Troyes et des auteurs du XIIIe siècle.
Le cycle arthurien sera notamment enrichi par Wauquier de Denain , auteur d'une continuation de Perceval, Raoul de Houdenc avec Vengeance Radiguel et Meraugis de Porlesguez, ainsi que par Girard d'Amiens (Escanor) et Jean Froissart (Méliador).

ARTS LIBÉRAUX [ n.m.pl.]
Enseignés par les licenciés ès arts, ils sont au nombre de sept, répartis en trivium (grammaire, rhétorique, dialectique) et en quadrivium (géométrie, arithmétique, musique et astronomie). Ils composent le cursus des études médiévales.
Assimilés aux sept piliers de la demeure de la Sagesse, ou à sept ruisseaux irrigés par la Fontaine de la Sagesse, ils ont été représentés sous forme de vierges dotées chacune d'attributs spécifiques ou ont pu être personnifiés comme à la cathédrale de Chartres où l'on voit la Sagesse siéger en compagnie de Cicéron, Aristote, Euclide, Donat, Boèce, Ptolémée et Pythagore.
Le droit, la médecine et la théologie sont la suite de ces études et correspondent à des licences spécifiques.

AUNE [ n.f.]
Du francique alina, avant-bras.
Mesure de longueur de valeur variable utilisée surtout pour mesurer les étoffes. A Paris, une aune valait 1,188 mètre.

AZUR
Du latin médiéval azzurum, emprunté à l'arabe lazaward, où le l a été pris pour l'article. Le mot arabe vient du persan lâdjourd, lapis-lazuli (pierre d'un bleu intense).
L'azur est la couleur du blason, représentée en gravure par des tailles horizontales.

BACUL [ n.m.]
Peine infligée à un homme ayant commis une faute dans l'exercice de sa charge ou à une fille dévergondée. Comme son nom le suggère, le bacul consistait à frapper les fesses du fautif avec une pelle.

BAGUENAUDE [ n.f.]
Le terme que l'on trouve en 1389 sous la plume de A. Chartier vient du languedocien baganaudo, lui même probablement formé sur le latin baca, baie ; fruit qui servait à l'amusement des enfants. Le mot qui avait le sens de "niaiserie" désigna ensuite une petite pièce en vers de longueur variable et groupés en strophes, en faveur aux XVe et XVIe siècles.

BAILLI [ n.m.]
De l'ancien français baillir, administrer. À l'origine, le bailli était un agent d'administration seigneurial. Philippe Auguste en fit des agents royaux chargés d'une mission temporaire de contrôle des prévôts. À partir du milieu du XIIIe siècle, il devinrent des officiers exerçant dans une baillie des fonctions supérieures, judiciaires, financières et militaires et rétribués par gages.

BALLADE [ n.f.]
De l'ancien provencal ballada (danse, poème à danser). On trouve le terme chez Adam de la Halle dès 1260.
Forme lyrique associée à la danse. C'est un petit poème de forme régulière généralement composé de trois couplets ou plus avec un refrain et un envoi contenant la dédicace au destinataire du poème.
Eustache Deschamps (1346 - 1406) fut le producteur de ballades le plus fécond avec plus de 1000 compositions. Le genre fut banni par le Pléiade.

BESTIAIRE [ n.m.]
On trouve le terme vers 1119 chez Ph. de Thaun. De l'adjectif latin bestiarus. Recueil de fables, de moralités mettant en action des animaux.
Les sources les plus anciennes des bestiaires sont la Bible et des fables recueillies par le Physiologus, naturaliste anonyme écrivant en grec, probablement au IIe siècle. Traduites en plusieurs langues, ces fables auront un succès considérable et seront diffusées de l'Orient jusqu'en Irlande. Ces histoires fabuleuses, venant souvent de légendes antiques ou orientales et mettant en scène une véritable ménagerie de l'imaginaire inspireront les sculpteurs des cathédrales.
Voir également Richard de Fournival

BIBLIOTHÈQUE ROYALE [ n.f.]
voir Vincent de Beauvais

BOISSEAU [ n.m]
De l'ancien français boisse, mesure de blé ; du gaulois bosta, creux de la main. Mesure variable selon les lieux, qui pouvait être ras (environ 12,8 litres pour le boisseau de Paris) ou comble (15 à 25 % de plus).
Les pays anglo-saxons ont conservé l'unité de mesure sous le nom bushel (36,3 litres au Canada et en Grande-Bretagne ; 35,2 litres aux États-Unis).

BOISSELÉE [ n.f.]
De boissel, forme ancienne de boisseau. Unité de surface qui correspondait à l'aire que l'on pouvait ensemencer avec un boisseau de grains.

BONNIER [ n.m.]
Mesure agraire valant environ 1 ha 1/3

BROIGNE [ n.f.]
Du bas latin brunia; de l'ancien bas francique brunnia.
Justaucorps de soie, de toile ou de cuir, bardé de pièces de métal ou de cuir.

CAGOT ou CAQUOT [ n.m.]
Le terme qui puise peut être ses origines dans le surnom injurieux adressé aux Normands dès le XIIe siècle : bigot (ancien juron anglais bî god, par Dieu) et dans un mot béarnais signifiant lépreux apparaît au début du XIVe siècle en France, pour désigner des lépreux.

CAROLINE [ n.f.]
Lettre minuscule apparue sous le règne de Charlemagne (d'où son nom) et s'étant substituée à la cursive mérovingienne.

CATAPULTE [ n.f.]
Du latin catapulta; du grec katapeltês.
Apparue chez les Grecs au IVe siècle avant Jésus-Christ, la catapulte fut encore utilisée au siège de Rhodes en 1480. Cette machine de guerre pouvait lancer des projectiles dont certains atteignaient 80 kilos jusqu'à une distance pouvant, pour les plus puissantes, atteindre 1000 mètres.

CÉDULE [ n.f.]
Du latin schedula, feuillet, page, de scheda, bande de papyrus.
Papier sur lequel on prenait des notes.

CENS [ n.m.]
Redevance en argent ou en nature due par le tenancier au propriétaire de la terre.

CENTAURE [ n.m.]
voir Richard de Fournival

CENTENIER [ n.m.]
Du bas latin centenarius, centurion.
Fonctionnaire dépendant du comte, qui administrait une centaine, division territoriale, et présidait le tribunal de la circonscription.

CENTICORE [ n.f.]
voir Richard de Fournival

CERVOISE [ n.f.]
Mot gaulois, du latin cerevisia ou cervesia. Bière.

CHAMPART [ n.m.]
Du latin médiéval campartum, du latin classique campus, champ et pars, partis, partie. Quote-part, prélevée sur la récolte par le seigneur foncier et pouvant représenter jusqu'au quart de cette récolte. (synonyme : terrage, agrier)

CHANSON DE GESTE [ n.f.]
(du latin gestus, de gerere, agir). On trouve le terme en 1213 dans Fet des Romains.
Poème lyrique en langue vulgaire, partagé en un certain nombre de laisses (strophes) de longueur variable. Le décasyllabe non rimé est le vers le plus généralement utilisé.
Elle relate les exploits guerriers et les combats surhumains des chevaliers chrétiens en lutte contre les Sarrasins.
La chanson de geste imprégnée de l'idéologie féodale en déclin évoluera vers ce qui ressemble à des romans d'aventure à partir du XIIIe siècle.
La plus connue et la plus ancienne des chansons de geste connues est la Chanson de Roland dont un manuscrit datant de 1070 est conservé à Oxford.

CHANSON DE TOILE [ n.f.]
Il s'agit de courtes compositions destinées soit à accompagner les danses des femmes, soit à égayer leurs travaux de couture, d'où leur nom. Ces poèmes décrivent parfois une simple situation d'amour, mais il s'agit le plus souvent d'une aventure dramatique qui leur valut l'autre nom de chanson d'histoire.
Les travaux domestiques des dames pouvaient également être le cadre de la récitation de textes de ce que l'on appela des évangiles des quenouilles, fort en vogue au XIIIe siècle, dont il nous reste plusieurs recueils manuscrits ou imprimés tous différents par leur contenu. Il s'agit de recettes savantes, sortes de "remèdes de bonnes femmes", permettant de se débarrasser des maux physiques ou même des problèmes de cœur, que les dames s'échangeaient en filant à la veillée.

CHANTEFABLE [ n.f.]
Terme sous lequel l'auteur d'Aucassin et Nicolette (voir œuvres anonymes) désigne son œuvre où alternent les chants et les passages narratifs.

CHANTRE [ n.m.]
Du latin cantor. Clerc mineur dont l'office était de chanter les psaumes.

CHEVAGE [ n.m.]
Redevance que paient au seigneur les serfs, les affranchis et leurs descendants. Les esclaves carolingiens paient également le chevage.

CHEVALIER [ n.m.]
Du bas latin caballarius. Celui qui a acquis la chevalerie par l'adoubement. C'est un noble ou gentilhomme d'un degré inférieur à celui de baron. Un chevalier errant allait à l'aventure par le monde. Il participait à des tournois et redressait les torts.

CHRONIQUEUR [ n.m.]
Les auteurs de chroniques historiques furent particulièrement nombreux dans le nord de la France au Moyen Âge. Citons Robert de Clari dont la relation de la quatrième croisade est un document important. Jean Froissart établit une chronique couvrant les années 1325-1400. Enguerrand de Monstrelet la continua en relatant les évènements de la période 1400-1444. Mathieu d'Escouchy prit la relève pour les années 1444-1467.
A la même époque Georges Chastelain rédigeait une chronique couvrant plus d'un demi siècle (1420-1474) qui fut continuée par Jean Molinet .
Philippe de Commynes sera le premier véritable historien au sens où nous l'entendons aujourd'hui, et selon Sainte-Beuve, "le premier écrivain moderne".

CŒUR MANGÉ
Thème de plusieurs romans du Moyen Âge qui voit la maîtresse contrainte de manger le cœur de son amant. (Voir Jakèmes ). On trouve déjà ce thème dans un conte du Penjab, ainsi que dans une des Vies de troubadours de Guillaume de Cabestanh (XIIIe siècle), un conte du Novellino, recueil italien anonyme du début du XIVe siècle ou encore dans le neuvième conte de la quatrième journée du Décameron de Boccace.

COLON [ n.m.]
Le colon était un paysan libre, mais attaché de façon héréditaire à la terre qu'il cultivait. On trouve dans certains textes la forme féminine colone.

COMPLAINTE [ n.f.]
De l'ancien français complaindre, se plaindre.
Le terme signifie chez Chrétien de Troyes en 1175, "se plaindre en justice". On trouve le sens de "chanson populaire" chez l'Estoile en 1590. C'est une chanson racontant les malheurs d'un personnage ou les lamentations du poète face à la disparition d'un être cher ou de haut rang, de l'indifférence de la femme aimée ou de l'état du monde.

CONDAMINE [ n.f.]
Du latin condamina, contamina, de cum domino. Terre exempte de redevance féodale.

CONDUIT [ n.m.]
(du latin médiéval conductum). Il s'agissait au IXe siècle du chant accompagnant l'entrée du lecteur dans les offices. Par extension le terme désigna des poèmes latins non lithurgiques et un genre polyphonique des XIIe et XIIIe siècles.

CONGÉ [ n.m.]
Du latin commeatus, action de s'en aller. Genre poétique pratiqué à Arras. Le premier à "prendre congé" de ses proches fut Jean Bodel dans un texte particulièrement émouvant, écrit avant de se retirer dans une léproserie. Baude Fastoul , frappé du même mal, l'imita quelques années plus tard, puis Adam de la Halle dans des conditions moins dramatiques. François Villon (le Testament), Rutebeuf (la Repentance Rutebeuf) et plus près de nous Jacques Brel (Adieu l'Émile) reprendront le genre.

CORDELIER [ n.m.]
Nom familier donné aux franciscains à cause de la corde qui ceignait leurs reins.

CORVÉE [ n.f.]
À l'origine les opera corrogata sont des prestations de travail personnelles d'abord sollicitées (du latin corrogare, inviter ensemble), sous forme de labour. Elles devinrent un service collectif imposé aux serfs et aux tenanciers par le seigneur afin de lui permettre d'entretenir ses domaines. Très lourdes à l'époque franque (un jour sur deux), les corvées furent progressivement réduites à quelques jours par an.

COURTOIS
On trouve le terme courtois sous la forme corteis (de l'ancien français court, cour au sens figuré) en 1080 dans la Chanson de Roland. La première trace du nom "courtoisie" se trouve chez Conon de Béthune au XIIe siècle.
La littérature courtoise est fondée sur la notion médiévale de courtoisie élaborée dans les cours seigneuriales. Il s'agit d'une théorie et d'une pratique raffinées des rapports hommes-femmes, dans une vision idéaliste de la société du XIIIe siècle.

COUTURE [ n.f.]
Partie du terroir délimitée par des chemins.

CROISADE [ n.f.]
Les croisades furent des expéditions militaires visant à la délivrance de la Terre sainte et du tombeau du Christ à Jérusalem. La première croisade fut prêchée en 1095 par le pape Urbain II. Pierre l'Ermite conduisit une croisade populaire qui fut écrasée par les Turcs en 1096. La croisade des chevaliers conduite par Godefroi de Bouillon aboutit à la prise d'Antioche, puis de Jérusalem en 1099. Godefroi de Bouillon devint chef du royaume de Jérusalem qui fut alors créé.
Cette première croisade fut suivie de huit autres. La deuxième (1147-1149) fut prêchée par Bernard de Clairvaux . La troisième (1189-1192) vit Richard Cœur de Lion , Philippe Auguste et Frédéric Barberousse y participer. La quatrième fut prêchée par Foulque de Neuilly. Baudouin de Flandre et Geoffroy de Villehardouin étaient parmi ceux qui la conduisait. Une "Croisade dite des enfants" rassemblait des jeunes pélerins mais surtout des personnes pauvres et démunies, qui par manque de préparation et de moyens périrent en route vers l'Orient, elle précéda la cinquième (1217-1221). Quatre autres croisades suivirent jusqu'en 1291. Saint Louis mourut de la peste sous les murs de Tunis au cours de la huitième en 1270.

CULTE MARIAL [ n.m.]
voir Gautier de Coinci

DAMOISEAU [ n.m.]
Du latin médiéval dom(i)nicellus, diminutif de dominus, maître, puis seigneur. Le terme que l'on trouve à la fin du XIIe siècle sous la forme de dameisel dans le Couronnement de Louis désigna d'abord le fils d'un gentilhomme, puis le chevalier non encore armé. Le féminin, DAMOISELLE, du latin domnicella, que l'on trouve sous la forme domnizelle dans la Séquence de Sainte Eulalie (A lire dans la rubrique Textes en Ligne) désigna une fille noble puis une femme mariée de la petite noblesse ou de la haute bourgeoisie.
Un autre terme de même sens, DONZELLE, de l'ancien provencal donzela, était utilisé dès le XIIe siècle (Eneas, 1130). Il ne prit un sens péjoratif que plus tard.

DENIER [ n.m.]
Du latin denarius, monnaie. Pièce d'argent romaine dont la première aurait été frappée à Rome en 211 avant J.-C. Le nom est resté durant tout le Moyen Age et subsiste encore aujourd'hui dans certaines expressions. Pépin le Bref et ensuite Charlemagne fixeront une nouvelle valeur au denier. Le droit de frappe accordé ensuite de façon assez large aux seigneurs et ecclésiastiques vit notamment apparaître le denier parisis, frappé à Paris ou le denier tournoi. Une réforme de Saint Louis fixera une nouvelle valeur au denier qui devint le nom générique désignant la monnaie.

DESCORT [ n.m.]
Forme lyrique utilisée du XIIe au XIVe siècles. Il s'agit généralement d'un poème d'amour destiné à être mis en musique. Il se compose d'une série de strophes inégales et rimées.

DÉTERMINANCE [ n.f.]
Avec la licence et la maîtrise (ou doctorat), un des trois grades que les facultés pouvaient accorder. La déterminance devint le baccalauréat au XVIe siècle.

DIALECTIQUE [ n.f.]
On trouve le terme sous son sens actuel dès le XIIe siècle. Formé sur le latin dialectica, lui même emprunté au grec dialektiké, discussion.
Partie du trivium, la dialectique est l'art de raisonner qui fut développé dans les universités au XIIIe siècle. (voir arts libéraux .

DICTIÉ [ n.m.] ,

DIT [ n.m.],

DITIÉ [ n.m.]
Le terme dit désigne d'abord au Moyen Âge le contenu d'un poème, par opposition à la mélodie. Il désignera ensuite le poème lui-même (le ditié ou dictié) et s'apparentera au conte et au fabliau.

DîME [ n.f.]
Du féminin latin decima, du latin decimus, dixième. Désigne la dixième partie des récoltes et des troupeaux (dîmes réelles ou prédiales) ou des revenus du travail (dîmes personnelles) dont le versement devint obligatoire, sous peine d'excommunication, au VIe siècle. Les dîmes devaient servir à assurer la subsistance des ministres du culte, l'entretien des bâtiments et l'assistance des pauvres.
Inspirée d'une coutume juive en faveur des lévites de la tribu de Benjamin, la dîme prit différents noms, on vit ainsi les grosses dimes, perçues sur l'avoine, l'orge, le froment et le seigle, les menues dîmes, prélevées sur les produits des jardins et des vergers, la dîme de charnage, portant sur les animaux, ou encore la dîme saladine, décrétée par Philippe Auguste en 1199, pour financer la troisième croisade dirigée contre Saladin.
Progressivement, le décimateur (bénéficiaire de la dîme) laïc se substitua au clergé et contribua à rendre cet impôt plus impopulaire encore. La dîme fut abolie en 1789.

DISTIQUE
Du grec distikhon, neutre de distikhos, à deux rangées. Réunion de deux vers, généralement un hexamètre et un pentamètre, unis par la rime et formant unité de sens.

DRAGON [ n.m.]
voir Richard de Fournival

EAVIE
du latin aqua et de l'ancien français eve ou iave, eau. Droit seigneurial qui s'exerçait un jour par semaine sur les produits de la pêche. Le terme désigne également l'espace sur lequel s'exerce ce droit.

ÉCARLATE [ n.f.]
Du latin médiéval scarlatum, altération du persan saquirlat. Désigne un colorant rouge obtenu à partir d'œufs de cochenille, ou de brasil, bois importé. Le terme emprunté à l'arabe désignait également un drap fin (d'abord bleu, puis rouge) qui aurait eu des vertus médicinales.

ÉCHANSON [ n.m.]
Du francique Skankjo, donner à boire. Officier, qui sous l'autorité du grand échanson, était chargé de donner à boire au roi et à quelques grands personnages. La fonction fut supprimée à la Révolution et réapparut sous la Restauration.

ÉCHAUGUETTE [ n.f.]
Du francique skarwahta, de skâra, troupe, et wahta, guet.
Guérite de guet placée en surplomb sur une muraille ou une tour.

ÉCHEVIN [ n.m.]
Du francique skapin, juge. À l'époque carolingienne, assesseurs en justice du comte qui remplacèrent les rachimbourgs mérovingiens. Ils devinrent ensuite des magistrats, choisis ou élus parmi les membres de l'aristocratie bourgeoise, chargés d'administrer une commune ou une ville dotée de franchises.

ÉCHIQUIER [ n.m.]
De l'ancien français eschequier, trésor royal, cour de justice.
À l'origine cour féodale des ducs de Normandie, l'échiquier devint une cour souveraine jugeant en dernier ressort (en 1315), puis cour permanente (en 1499). François 1er lui donna le nom de "parlement" en 1515.

ÉCOLÂTRE [ n.m.]
Du latin médiéval scholaster, -tri, altération de scholasticus, qui appartient à l'école. Moine ou clerc dirigeant l'école d'un monastère, d'une abbaye ou d'une cathédrale.

ÉCROUELLES [ n.f.pl.]
Terme que l'on trouve dès 1265 chez Jean de Meung sous la forme escroelles. Du latin populaire scrofellœ, du latin scrofulae, de scrofa, truie, animal considéré comme étant très sale. Selon la tradition, les rois de France possédaient le pouvoir de guérir les malades atteints d'écrouelles [synonyme : scrofule]. En les touchant, ils faisaient le signe de la croix sur leur visage et prononçaient une formule. Cet usage qui existait aussi en Angleterre se perpétua jusqu'à la fin de l'ancien Régime et fut remis à l'honneur par Charles X le jour de son sacre en 1825.

ÉCUYER [ n.m.]
Du bas latin scutarius, celui qui porte l'écu; de scutum, écu, bouclier. On trouve le terme sous la forme escuier dans la Chanson de Roland.
Le titre fut porté par les jeunes nobles aspirant à la chevalerie, qui apprenaient le métier des armes auprès d'un chevalier qu'ils servaient et dont ils portaient l'écu. Les simples nobles et les annoblis portèrent également ce titre inférieur de la hiérarchie nobiliaire.

ÉPIQUE
Du latin epicus, emprunté au grec epikos, de epos, épopée. Se dit de ce qui est propre à l'épopée : un poème, un style épique.

ÉPOPÉE [ n.f.]
Du grec epopoiia, de epos, épopée, et poieîn, faire. Il s'agit d'un long poème où se mêlent le merveilleux et le vrai, la légende et l'histoire qui célèbrent un héros ou un fait remarquable.

ESSARTS [ n.m.pl.]
Du bas latin exartum, participe passé du latin populaire exsarire, défricher. Terre défrichée et prête à être mise en culture.

ESTAGE
Du bas latin staticum, du latin classique stare, se tenir. Par le droit d'estage, le seigneur pouvait imposer à ses vassaux des périodes de garnison au château seigneurial.

ESTERLIN ou
Du latin médiéval esterlingus.
Connu depuis le XIIe siècle en Ecosse, l'esterlin (dit également denier sterling) apparut au XIIIe siècle en Angleterre et ensuite dans divers pays de l'Europe du nord.

ÉVANGILES DES QUENOUILLES
Les travaux domestiques des dames pouvaient être le cadre de la récitation de textes tirés de ce que l'on appela des évangiles des quenouilles, fort en vogue au XIIIe siècle, dont il nous reste plusieurs recueils manuscrits ou imprimés tous différents par leur contenu. Il s'agit de recettes savantes, sortes de "remèdes de bonnes femmes", permettant de se débarrasser des maux physiques ou même des problèmes de cœur, que les dames s'échangeaient en filant à la veillée. (voir également Chanson de toile .

FABLIAU [ n.m.]
forme picarde de l'ancien français fablel.
Aux XIIe et XIIIe siècles, récit bref de 50 à 1500 vers en général en octosyllabes, écrit dans une intention parodique ou satirique et souvent caractérisé par sa grossièreté. L'argent et le plaisir en sont généralement les ressorts principaux. Le fabliau met en scène des personnages qui prennent le contrepied des modèles courtois et fait usage de jeu de mots ou de situations équivoques, il vise à faire rire. Il nous en reste environ 150 dont la plupart proviennent du nord de la France (Picardie, Hainaut, Artois, Normandie et Champagne).

FARCE [ n.f.]
Pièce de théâtre bouffonne.
Le terme qui désignait au XIIIe siècle le hachis, prit son sens figuré de comédie au siècle suivant. La comédie était introduite dans un mystère comme la farce dans une volaille.

FATRAS [ n.m.]
Le terme probablement formé sur le latin populaire farcuraceus, dérivé du bas latin farsura, farce de volaille, apparut en 1327 sous la plume de Watriquet de Couvin sous la forme fastras. Il désignait un genre lyrique burlesque qui apparut au XIVe siècle. Généralement composé selon la même forme que la fatrasie dont il dérive, il se caractérise par un certain délire verbal. Watriquet de Couvin, notamment, cultiva le genre.

FATRASIE [ n.f.]
Genre poétique du XIIIe siècle, dérivant de la rêverie. La fatrasie est de forme rigoureuse (six vers de cinq syllabes ; rimes aabaab, suivis de cinq vers de sept syllabes ; rimes babab, soit un onzain), mais son contenu est irrationnel. Les phrases grammaticalement correctes n'ont pas de sens réel, l'auteur s'y abandonne au pur plaisir des mots. Toute une école arrageoise s'illustra dans ce type de composition comme en témoigne un recueil d'auteur inconnu, dénommé Fatrasies d'Arras, conservé à l'Arsenal.
* A lire également, un extrait des Fatrasies d'Arras, dans la rubrique Textes en Ligne.

FAUDESTEUIL [ n.m.]
Du germanique faldestoel. Siège pliant en forme d'X qui pouvait être en bois, en bronze ou en fer.

FÉRULE [ n.f.]
Bâton avec lequel le maître d'école frappait la main des élèves ne respectant pas ses consignes.

FIN' AMOR
Idéologie qui a pour base la soumission totale de l'ami à sa dame qui est considérée comme le suzerain, dans le cadre d'un amour nécessairement adultère.

FORMARIAGE [ n.m.]
De l'ancien français se formarier, de fors, hors de, et de marier. Mariage d'un dépendant en dehors de sa seigneurie d'origine. Cette situation donnait lieu au versement par le mainmortable d'un droit de formariage au seigneur qui perdait ses droits sur la postérité du couple.

FORNICATEUR [ n.m.]
Du latin ecclésiastique fornicator, -trix. Dans le langage disciplinaire ecclésiastique, désigne le pécheur qui pratique l'union sexuelle hors du mariage ou la dévie dans sa nature.

FOUAGE [ n.m.]
Du latin médiéval fouagium, dérivé de focus, foyer. Impôt perçu sur chaque feu. Il devait permettre au roi d'équiper ses troupes. Les nobles en étaient exemptés. Au milieu du XVe siècle le fouage se transforma en impôt de répartition et fut désigné par le nom de taille.

FOURNIER [ n.m.]
Du bas latin fumarius, boulanger.
Désigne l'ouvrier qui mettait au four les pains à cuire ou la personne responsable d'un four à pain dans un village.

FRANCIEN [ n.m.]
Dialecte de langue d'oïl parlé au Moyen Âge en Île-de-France et dans l'Orléanais. Cette langue de la cour des rois de France deviendra le français. Le francien commençait déjà au XIIe siècle à être considéré comme la référence du bon langage, comme en témoignent des reproches adressés à Conon de Béthune à la cour de France à propos de son accent arrageois.

GABELLE [ n.m.]
De l'italien gabella emprunté à l'arabe qabâlah, impôt. Impôt royal indirect institué au XIVe siècle. Il place sous monopole la vente du sel au détail. La gabelle est levée sous le contrôle d'officiers royaux, les maîtres des greniers, ou grenetiers qui reçoivent dans les greniers à sel, entrepôts obligatoires, le sel apporté par des marchands et le mettent eux-mêmes en vente à un prix qui inclue la taxe variable selon les régions. La Flandre, le Hainaut, l'Artois ou le Boulonnais par exemple n'étaient pas soumis à la gabelle. Par contre, la Picardie, faisant partie des pays de grande gabelle, subissait un prix du sel très élevé. La gabelle sera abolie par un décret du 1er décembre 1790.

GARANCE [n.f.]
Du bas latin warantia, -entia, issu du francique wratja. Plante dont la racine fournit une belle teinture rouge vif.

GOLIARD [ n.m.]
de l'ancien français goliart, glouton, débauché.
Au Moyen Âge, un goliard était un étudiant ou un clerc vagant (clerici vagantes) qui par provocation affichait une grande gaieté et un certain cynisme dans les propos. Les goliards dénoncent les abus de l'Eglise ou chantent l'amour en termes parfois fort osés.
Gautier de Chatillon notamment fut l'auteur de poèmes de caractère "goliardique" où l'on retrouve le personnage du débauché se consacrant aux jeux et aux filles dans une taverne, qui inspira de nombreux genres littéraires.

GRAAL [ n.m.]
Le Graal est un objet précieux dont la quête et le mystère dirigent les aventures de quelques chevaliers de la Table ronde. Chrétien de Troyes en fait un objet orné de pierres précieuses. Robert de Boron en fera la coupe dans laquelle Joseph aurait recueilli le sang du Christ.

GRIFFON [ n.m.]
voir Richard de Fournival

GUÈDE [ n.f.]
Du germanique waizda.
Nom usuel de l'isatis, plante tinctoriale dont les feuilles mises en pâté (= pastel) donnaient une belle couleur bleue.

GUEULES
Terme d'origine incertaine qui désigne la couleur rouge du blason et représentée en gravure par des tailles verticales.

GUILDE [ n.f.]
Du latin médiéval gilda, issu du moyen néerlandais gilde, troupe, corporation. À l'origine, associations charitables à caractère religieux dont on trouve trace dès le VIIIe siècle, les guildes se transformèrent à partir du XIe siècle en groupements des marchands d'une même ville et d'une même spécialité visant à défendre et promouvoir ensemble leur commerce.
La Flandre et les régions rhénanes sont le berceau des guildes économiques. Les premiers statuts connus sont ceux de la Karitet de Valenciennes [vers 1050].
* A lire également, un extrait de la Charte de la Karitet de Valenciennes, dans la rubrique Textes en Ligne.

HAGIOGRAPHIE [ n.f.]
Du grec hagios, saint, et graphein, écrire. Biographies embellies de la vie des saints puisant leurs sources dans les témoignages, les Actes des martyrs, les listes liturgiques des saints, les biographies, et à partir du XIIIe siècle, les enquêtes et les bulles de canonisation. Il existe également beaucoup d'hagiographies des princes ou des rois qui font d'eux de véritables saints.

HANSE [ n.f.]
De l'ancien haut allemand hansa, troupe, bande. Association de marchands dans le Nord de la France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Angleterre. On signale dès 1230, la Hanse des XVII Villes qui regroupait des marchands drapiers du Nord de la France et des Pays-Bas.

HARPIE [ n.f.]
voir Richard de Fournival

HAUBERT [ n.m.]
Du francique halsberg, ce qui protège (berg) le cou (hals). Longue cotte de maille munie d'une coiffe qui garantit la tête et le cou. Seuls les chevaliers ont le droit de porter le haubert.

HÉRAUT [ n.m.]
(du francique heriwald, de hari, armée, et wald, chef).
Cet officier des cours princières a des fonctions multiples. Assurant le rôle de maître des cérémonies, il porte les déclarations de guerre, signifie la paix, donne le signal des combats. Le héraut connaît le langage du blason (la science héraldique), il vérifie les titres et les droits nobiliaires des chevaliers.

HÉRÉSIE [ n.f.]
voir Ébrard de Béthune et la rubrique Textes en ligne : l'Hérésie des Albigeois.

HÉRIBAN [ n.m.]
Du bas latin heribannum.
Le terme désignait à l'époque franque la convocation pour le service militaire, puis une amende payée par celui qui ne se rendait pas à cette convocation et enfin une taxe permettant d'y échapper.

HEXAMÈTRE [ n.m.]
Se dit d'un vers grec ou latin qui a six pieds et particulièrement de l'hexamètre dactylique, ou vers héroïque, employé dans l'épopée.

HOBEREAU [ n.m]
Nom d'un petit faucon donné de façon péjorative au petit gentilhomme campagnard.

HÔTISE ou
Du latin hospes, -itis, hôte.
Tenure de terre concédée à l'époque des grands défrichements à des paysans appelés hôtes.

HYDRE [ n.f.]
voir Richard de Fournival

IMPRIMERIE [ n.f.]
voir Jean Crespin

INDICIAIRE [ n.m.]
Chroniqueur au service d'un grand personnage.

JACHÉRE [ n.f.]
Du bas latin gascaria, d'origine gauloise, ganskaria, charrue, de gansko, branche. Terre labourable laissée momentanément en friche pour qu'elle se reconstitue.

JACQUERIE [ n.f.]
De Jacques, nom donné par les nobles aux paysans par dérision. Insurrection rurale du Beauvaisis (mai-juin 1358), causée par la misère qui sévissait à l'époque. La révolte s'étendit en Basse Normandie, dans le Ponthieu, et en Picardie. Charles II le Mauvais, roi de Navarre, captura le chef des Jacques, le fit décapiter et écrasa les insurgés dans une terrible répression.
* Voir dans la rubrique Textes en Ligne, la Répression des Jacqueries

JEU [ n.m.]
Forme dramatique médiévale. A l'origine il s'agit d'un drame lithurgique en latin, la forme s'élargit à des pièces profanes et désignera une pièce complexe destinée à un public cultivé, pouvant goûter la variété des sujets généralement d'origine littéraire.

JEU-PARTI [ n.m.]
Variété de débat lyrique des XIIe et XIIIe siècles, notamment illustré par les poètes du puy d'Arras.
Il est fondé sur un argument de casuistique amoureuse que les deux poètes-partenaires doivent développer en respectant un schéma strophique et une mélodie. Deux juges arbitrent le débat et désignent le vainqueur.
* Voir le jeu-parti entre Jean Bretel et Adam de la Halle.
Nous vous livrons ci-après quelques thèmes de cette casuistique amoureuse et vous laissons le soin de répondre :
- Un clerc doit-il se taire ou avouer son amour à une dame qu'il aime depuis longtemps ?
- Pourquoi les femmes préfèrent-elles en amour les adolescents aux hommes d'âge mûr ?
- Un amoureux doit-il pour plaire à sa dame, lui baiser la bouche ou les pieds ?

JONGLEUR [ n.m.]
du latin joculator, homme qui plaisante. À la fin du XIIIe siècle on disait jogleour : "plaisant, rieur". Ménestrel nomade qui récitait ou chantait des vers en s'accompagnant d'un instrument.
Cette simple définition ne conviendrait probablement pas à Edmond Faral, qui écrivait dans son savant ouvrage les Jongleurs en France au Moyen Âge (Librairie Honoré Champion, Éditeur, 1964) : "Un jongleur est un être multiple : c'est un musicien, un poète, un acteur, un saltimbanque ; c'est une sorte d'intendant des plaisirs attaché à la cour des rois et des princes ; c'est un vagabond qui erre sur les routes et donne des représentations dans les villages ; c'est le veilleur qui, à l'étape, chante de "geste" aux pèlerins ; c'est le charlatan qui amuse la foule aux carrefours ; c'est l'auteur et l'acteur des "jeux" qui se jouent aux jours de fête, à la sortie de l'église ; c'est le maître de danse qui fait "caroler" et baller les jeunes gens ; c'est le "taboureur" , c'est le sonneur de trompe et de "buisine" qui règle la marche des processions ; c'est le conteur, le chanteur qui égaie les festins, les noces, les veillées ; c'est l'écuyer qui voltige sur les chevaux ; l'acrobate qui danse sur les mains, qui jongle avec des couteaux, qui traverse des cerceaux à la course, qui mange du feu, qui se renverse et se désarticule ; le bateleur qui parade et qui mime ; le bouffon qui niaise et dit des balourdises ; le jongleur, c'est tout cela, et autre chose encore".

LAI [ n.m.]
(du breton laid, de l'irlandais laid, chant)
Nom de deux genres poétiques du Moyen Âge, l'un narratif, l'autre lyrique. Le lai fut introduit sur le continent au XII e siècle par des jongleurs bretons.
Les chefs-d'œuvre des lais narratifs sont dus à Marie de France à la fin du XIIe siècle. Ernoul de Gastinois, Adam de Givenchi et Andrieu Contredit furent les maîtres du lai lyrique au XIIIe s.
* A lire, un Lai de Marie de France dans la rubrique Textes en ligne.

LAPIDAIRE [ n.m.]
Du latin lapis, -idis, pierre. La tradition du lapidaire remonte à l'Éxode et à l'Apocalypse, en passant par Pline l'Ancien. Il s'agit d'un traité énumérant les vertus magiques et médicinales des pierres précieuses. Vincent de Beauvais en énumère une centaine. Les plus prisées étaient l'agate, l'améthyste, la chrysolite, le cristal, l'émeraude, le jaspe, l'onyx, l'opale, le saphir, la topaze, et le zircom.

LECTIONNAIRE [ n.m]
Du latin médiéval lectionarium.
Livre qui réunit les textes de la Bible ou des Pères qui doivent être lus à la messe et à l'office.

LÈPRE [ n.f.]
Du latin lepra, emprunté au grec. Voir Baude Fastoul .

LICORNE [ n.f.]
voir Richard de Fournival

LIEUE [ n.f.]
Du bas latin leuca, mot d'origine gauloise. De longueur variable, la lieue gauloise valait 2.222 mètres, la lieue germanique, la rasta, valait un peu plus de quatre kilomètres.

LIVRE [ n.f.]
Du latin libra, mesure de poids. La livre romaine de 327 g fut portée sous Charlemagne à 435 ou 491 g et aboutit, en France, à la livre de 489 g.
L'unité monétaire de ce nom en dérive directement : dans un lingot d'une livre poids, Charlemagne faisait tailler 240 pièces d'un denier : d'où l'équivalence une livre = 240 deniers = 20 sous = 12 onces.

MAINBOUR [ n.f.]
De l'ancien français mainbor, du germanique muntboro. Autorité exercée par les rois francs sur leurs sujets ou autorité du père ou de la mère sur les enfants mineurs.

MAINMORTABLE
Se disait d'un serf sujet au droit de mainmorte. On disait aussi mortaillable.

MAINMORTE [ n.f.]
De main au sens juridique de propriété et morte.
Droit dont jouissait le seigneur de s'emparer de la succession d'un serf à sa mort. Généralement, le seigneur prenait une partie de l'héritage et renonçait au reste moyennant le versement du droit de mainmorte par les héritiers. Il s'agissait notamment d'empêcher les biens de revenir à des héritiers extérieurs à la seigneurie.

MANANT [ n.m.]
De l'ancien français maneir, demeurer, du latin manere. Désignait un paysan, un vilain ou un habitant d'un village par opposition à l'habitant d'un bourg.

MANDRAGORE [ n.f.]
Du latin mandragora; du grec mandragoras.
La mandragore, herbe à la grosse racine charnue, peut évoquer un corps humain. Cette forme a probablement contribué aux traditions rabbiniques qui prétendaient que la mandragore avait poussé au paradis terrestre. Les Grecs et les Romains l'utilisaient en philtres sensés faire naître l'amour, guérir la stérilité et multiplier l'argent. Cette superstition subsista jusqu'au Moyen Âge et fut combattue par l'Église.

MANSE [ n.m. ou f.]
Du latin médiéal mansa, du latin classique manere, rester, demeurer. Le terme qui peut être masculin ou féminin désigne une habitation, son jardin et ses champs d'une surface généralement comprise entre 10 et 15 hectares (que l'on peut travailler avec un attelage et qui assure la subsistance d'une famille). On distinguait les manses ingenuiles (des colons libres), les manses serviles (des serfs) et les manses lidiles (des affranchis).

MARGUILLIER [ n.m.]
Du latin matricularius, garde-rôle. Le marguillier avait, dans chaque paroisse, la charge du registre où étaient inscrits les pauvres secourus pour l'Église.

MARIAGE DES PRÊTRES
Voir Mahieu le Bigame .

MÉCÉNAT [ n.m.]
voir David Aubert .

MÉCRÉANT [ n.m.]
Participe passé de l'ancien français mescroire, être incroyant. Désignait un incroyant, une personne n'ayant aucune religion.

MÉNESTREL [ n.m.]
Du bas latin ministerialis, officier, serviteur.
Le ménestrel était aux XIIe et XIIIe siècle un jongleur attaché à un seigneur.

MIME [ n.m.]
Récit ou discours burlesque, déclamé et joué par un acteur.

MINE [ n.f.]
Du bas latin mina, du latin classique hemina; du grec hêmina.
Mesure de capacité variable pour les grains et les farines. La mine de la région parisienne valait environ 78 litres.

MIRACLE [ n.m.]
Du latin miraculum, prodige. Le terme apparu à la fin du XIe siècle designe un genre dramatique médiéval de forme généralement brève, il fut éclipsé par la vogue du mystère.

MORTAILLABLE voir Mainmortable.

MOTET [ n.m.]
Pièce musicale à une ou plusieurs voix apparue au XIIIe siècle. Le motet peut être religieux ou non, il est parfois soutenu par des instruments.

MUID [ n.m.]
Du latin modius, grande quantité de blé. Mesure de capacité pour les liquides et les solides. De valeur variable selon les temps, les lieux et la matière mesurée, le muid pouvait varier de quelques dizaines à plusieurs centaines de litres. Le Muid de terre était une mesure agraire évaluée en fonction de la surface ensemencée avec un muid de blé.

MYSTÈRE [ n.m.]
On trouve le terme formé sur le latin mysterium, du grec mustêrion, de mustês, signifiant initié, sous la forme mistere dès le XIIe siècle chez Gautier d'Arras . Genre dramatique médiéval, imitation de l'histoire sainte, qui s'adresse au peuple et joué principalement par des mimes et des jongleurs.

NEUME [ n.m.]
Du latin médiéval neuma, altération du grec pneûma, souffle. Signe de notation musicale que l'on trouve dans les livres liturgiques du IXe au XIVe siècles.

NICOLAÏSME [ n.m.]
Du prêtre Nicolas. Pratique des nicolaïtes qui aux Xe et XIe siècles refusaient le célibat des prêtres.

OBLAT (E)
Du latin oblatus, offert. Enfant offert par ses parents à un monastère pour y être élevé en vue du service de Dieu.

OBOLE [ n.f.]
Du latin obolus, du grec obolos. Pièce valant un demi-denier, qui prit le nom de maille à partir de Saint-Louis.

OCTOSYLLABE ou OCTOSYLLABIQUE
Se dit d'un vers qui a huit pieds.

OÏL
On trouve le terme dès 1080 dans la Chanson de Roland. Au Moyen Age, le terme signifiait "oui" (du latin hoc et il) dans des régions situées au Nord de la Loire. La langue d'oîl était la langue de cette région. Elle comportait plusieurs parlers ou dialectes : le picard, le bourguignon, l'anglo-normand, le francien ...
voir également Francien Picard

OST [ n.m.]
Du latin hostis, ennemi, puis armée. Service militaire que les vassaux devaient à leur suzerain.

PAISSON [ n.f.]
Du latin pastio, -onis, de pascere, paître. Pratique de pâturage du bétail dans les bois, en application du droit de panage.

PALEFROI [ n.m.]
Du bas latin paraveredus. On trouve le terme dans la Chanson de Roland sous la forme palefreid. Le palefroi est un cheval de parade, de marche, par opposition au destrier, cheval de combat.
.

PANAGE [ n.m.]
Du latin médiéval pastinaticum, du latin classique pastio, pâturage. Autorisation donnée aux éleveurs de porcs de faire paître leurs animaux dans les forêts et dans les bois communaux.
PARTI voir JEU-PARTI

PASSION [ n.f.]
Du latin passio, souffrance, de passus, participe passé de pati, souffrir. Sujet de grands mystères représentant la Passion du Christ.

PASTORALE [ n.f.]
Composition ayant pour sujet les amours de bergers et de bergères.

PASSIONNAIRE [ n.m.]
Livre liturgique relatant les épreuves subies par les martyrs et dans lequel l'élément légendaire est dominant.

PASTOURELLE [ n.f.]
(on disait Pastorele au XIIe siècle)
La pastourelle est une chanson à personnages très en vogue au XIIIe s. Elle raconte généralement la rencontre d'un chevalier et d'une bergère, les propositions amoureuses du chevalier et les réactions de la bergère.
Le mode fondamental est l'opposition humoristique entre le monde aristocratique galant et la rusticité rouée des "vilains"

PERCHE [ n.f.]
Mesure agraire de superficie variable en fonction du nombre de pieds carrés qui la composaient. La perche de Paris valait 34,19 m² (324 pieds carrés), la perche commune 42,21 m² (400 pieds carrés), la perche des Eaux et Forêts 51,07 m² (484 pieds carrés).

PESTE [ n.f.]
Du latin pestis, épidémie. Voir Gilles li Muisis

PHENIX [ n.m.]
Symbole d'éternité, allégorie de la résurrection et de la survie de l'âme, le phénix est une sorte d'aigle de taille gigantesque aux splendides ailes rouges et dorées. Cet oiseau fabuleux, originaire d'Ethiopie et rattaché au culte du soleil, est un animal unique (il ne pouvait exister qu'un seul phénix à la fois) qui ne pouvait donc pas se reproduire. Il vivait au moins cinq siècles et lorsqu'il sentait sa fin venir, il confectionnait un nid de branches aromatiques et d'encens, l'enflammait et se précipitait dans le bûcher. Un nouveau phénix surgissait alors des cendres.

PICARD [ n.m.]
"Il [le picard] appartient au grand dialecte de langue d'oïl qui couvre bien plus que la Picardie historique. Le Picard est parlé dans le Nord (sauf la zone néerlandophone), le Pas-de-Calais, la Somme, une grande partie de l'Oise et de l'Aisne, la frange nord de Seine-Maritime, mais aussi en Belgique: l'essentiel du Hainaut, des coins du Namurois, du Brabant, un brin des Flandres ; et, en Allemagne, dans le "hameau picard" de Friedrichsdorf-am-Taunus".
(Jean Dauby, le Livre du "Rouchi", parler Picard de Valenciennes).

PIED [ n.m.]
Mesure de longueur romaine qui vaut exactement 0,294218 m. 5 pieds = I pas.

PLAID [ n.m.]
Du latin placitum, conforme à la volonté. Le nom désignait à l'époque franque un conseil réuni autour du souverain, un tribunal royal et les jugements formulés par ces juridictions. Le terme s'appliqua progressivement à des assemblées judiciaires présidées par des ducs, des comtes ou de simples seigneurs du ban.

PLANTAIRE [ n.m.]
Catalogue symbolique de plantes.

POULAINE [ n.f.]
de l'ancien français Polain, Polonais.
Chaussure d'origine polonaise munie d'une pointe pouvant dépasser vingt centimètres. Introduite en France vers le milieu du XIVe siècle. La mode de la poulaine interdite en France par l'Eglise et la royauté, perdura jusqu'à la fin du XVe siècle.

PSAUTIER [ n.m.}
Du bas latin psalterium, du grec psaltêrion. Livre regroupant les 150 psaumes bibliques.

PUY ou
Nom donné au Moyen Âge à des associations urbaines, confréries à la fois littéraires et religieuses qui organisaient des concours destinés à promouvoir la poésie spirituelle et mariale.
Des soirées poétiques amicales et des concours de composition musicale, patronés par quelque riche bourgeois, s'y déroulaient sous la présidence d'un "prince" (ou roi) du puy élu chaque année à la Chandeleur.
La plupart se situaient dans le Nord de la France. Parmi les plus célèbres citons le Puy d'Arras qui apparaît au début du XIIIe siècle, ou le Puy musical d'Évreux au XVIe siècle. On signale à Tournai dès 1250 les sociétés du Puy d'amour, chantant l'amour courtois et de la Table ronde, célébrant les nobles chevaliers du temps jadis. Ceux de Valenciennes (dès le XIIIe siècle), d'Amiens (Confrérie du Puy Notre Dame), de Douai (Puy de l'Assomption) et de Lille furent également très actifs.

RÉFORME [ n.f.]
voir Jean Calvin .

RELIEF [ n.m.]
Droit de mutation perçu par le seigneur sur celui qui " relève le fief gisant ", c'est-à-dire sur l'héritier du fief (futur vassal) à la mort du vassal titulaire.

REVERDIE [ n.f.]
Pièce qui célèbre le retour de la belle saison.

RHÉTORIQUE [ n.f.]
Du latin rhetorica, art oratoire, du grec rhêtorikê. Faisant partie du trivium avec la dialectique et la grammaire, la rhétorique, art du discours, à l'origine art de persuader, elle fut aussi l'art "de bien dire".
Composée de trois parties fondamentales : l'invention (recherche des arguments persuasifs), la disposition (art d'ordonner les arguments élaborés par l'invention : le plan du discours) et l'élocution (mise en mots du discours).

RONDEAU [ n.m.]
Désigne au XIIIe siècle une chanson de danse.

SABLE
Du polonais sabol, martre, zibeline, par l'intermédiaire du latin médiéval sabellum.
Couleur noire du blason, représentée en gravure soit par des lignes horizontales et verticales croisées, soit par une teinte noire unie.

SALIQUE
Du latin médiéval salicus, du bas latin Salii, les Francs Saliens. La loi salique est un recueil de lois des anciens Francs Saliens dont il nous reste plusieurs versions allant de l'époque de Clovis au règne de Charlemagne. Il s'agit de règles de procédure et de droit pénal.
* Voir dans la rubrique Textes en Ligne un extrait de la Loi Salique.

SCRIPTORIUM [ n.m.]
Pièce où se copiaient les manuscrits.

SERF [ n.m.]
Du latin servus, esclave.
voir Adalbéron de Laon .

SERRE [ n.f.]
voir Richard de Fournival .

SÉTÉRÉE [ n.f.]
La sétérée était une surface de dimension variable correspondant à l'aire ensemencée avec un sétier de blé.

SÉTIER [ n.m.]
Terme d'origine latine, de sextarius, sixième partie. Mesure de capacité variable selon les régions. En région parisienne, le sétier valait en principe 12 boisseaux Le sétier de terre était une mesure agraire équivalent à la sétérée.

SCOLASTIQUE [ n.f.]
Du latin scolasticus, du grec skholastikos, relatif à l'école.
Enseignement philosophique et théologique inspiré de la philosophie d'Aristote , qui fut donné du Xe au XVIe siècles. Il consistait à relier la raison, les dogmes chrétiens et la Révélation à la philosophie traditionnelle. Le mouvement scolastique atteint son apogée au XIIIe siècle. Les principaux scolastiques furent saint Anselme de Canterbury , Jean Scot Érigène , Abélard , saint Albert le Grand , saint Thomas d'Aquin , Dun Scot, Raymond Lulle et Guillaume d'Occam .

SIMONIE [ n.f.]
De Simon le Magicien qui voulut acheter à saint Pierre le pouvoir de faire des miracles. La simonie désignait le trafic des charges ecclésiastiques ou des biens spirituels.
Voir Mahieu le Bigame .

SINOPLE
Du latin sinopis, terre rouge; du grec sinôpis, de Sinôpe, Sinope.
Couleur verte du blason représentée par des tailles obliques de droite à gauche.

SIRÈNE [ n.f.]
voir Richard de Fournival

SOMMELIER [ n.m.]
Altération de sommerier, conducteur de bêtes de somme, de sommier, bête de somme.
Officier chargé d'organiser le tranport des coffres d'un seigneur sur des sommiers ou chevaux de somme. Le terme désigna également l'officier de cour mettant le couvert et préparant les vins. Il désigne aujourd'hui le professionnel responsable de la cave et du service des vins.

SOMMIER [ n.m.]
Du bas latin sagmarius, bête de somme.
Le terme désignait au Moyen Âge le cheval qui transportait les coffres d'un seigneur en déplacement, ou le coffre lui-même sur lequel le sommelier dormait à l'étape.

SOTIE [ n.f.]
Genre dramatique mettant en scène des fous et qui expose sous le couvert de la folie les vérités les plus dérangeantes.

SOU [ n.m.]
Du latin solidus, massif, compact, qui désignait une monnaie de valeur fixe. Pièce d'or créée par Constantin à raison de 1/72 de livre d'or (4,54 g). Le sou demeura l'unité monétaire du Moyen Âge. Sa valeur était de 12 deniers, soit 1/20 de livre. Après la Révolution française (institution du système décimal en 1793), le sou eut une valeur de 5 centimes, soit 1/20 de franc.

STADE [ n.m.]
Du latin stadium, du grec stadion. Mesure de longueur romaine d'environ 180 mètres (600 pieds) : le stade attique valait 177 mètres, le stade olympique, 192 mètres.

STOÏCISME [ n.m.]
Attitude de celui qui s'efforçant de s'abstenir de toute passion rejète avec mépris tout ce qui peut faire souffrir (plaisir, douleur ; richesse ou pauvreté) et supporte avec impassibilité l'adversité.

THÉORIE DES HUMEURS
Voir Pierre de Maubueuge .

TOISE [ n.f.]
Du latin populaire tensa, espace, étendue.
Mesure de longueur valant 1,949 mètre.

TOISON D'OR [ n.f.]
Ordre chevaleresque et nobiliaire créé à Bruges en 1429 par Philippe le Bon , duc de Bourgogne.

TONLIEU [ n.m.]
Du latin teloneum, du grec telônia, ferme des impôts.. Impôt indirect payé sur les marchandises voyageant par terre ou par eau, exigé aux ponts, aux bacs, à l'entrée d'une ville ou d'un port. On dit ensuite péage dans la seconde moitié du Moyen Age. Le tonlieu était également un droit de marché ou une taxe sur les transactions. Le tonlieu était percu par le télonaire.

TOURNOIS [ n.m.]
Du latin Turonensis, de Tours. Le denier tournois fut à l'origine frappé dans l'atelier de l'abbaye de Saint-Martin de Tours. Il eut cours du IXe au XIIIe siècle, époque à laquelle Saint Louis créa le gros tournois, valant I2 deniers.
A compter du milieu du XIIIe siècle, le système tournois devint officiel et se substitua à la monnaie parisis. Une livre tournois valait vingt sous, un sou valait douze deniers. Ce système de compte eut cours jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

TRIENS (ou TREMESSIS) [n.m.]
Pièce d'or valant un tiers de sou.

TROUVÉRE [ n.m.]
Du bas latin tropare, inventer, composer un poème. Le trouvère est un poète lyrique, à la fois rimeur et mélodiste, qui s'exprime en langue d'oïl aux XIIe et XIIIe siècles. Il est l'équivalent du _TROUBADOUR_, poète de langue d'oc qu'il imite en reprenant la grande chanson courtoise de cinq strophes.
Les premiers trouvères apparaissent vers 1150 à la cour de Champagne : ce sont Chrétien de Troyes , Guyot de Provins et Huon d'Oisy .

TRUSTE [ n. f.]
Du latin médiéval trustis; de l'ancien haut allemand Trost, fidélité. Troupe d'hommes, nommés antrustions, engagés pour servir le roi et liés à lui par un serment de "truste et fidélité".

VIDAME [ n.m.]
Du bas latin vicedominus, du latin classique, vice, à la place de, et dominus, seigneur. Le vidame était chargé de défendre les intérêts temporels d'une abbaye ou d'un monastère.

VILAIN [ n.m.]
Du bas latin villanus, paysan, du latin classique villa, ferme. Désignait une personne du peuple, un roturier par opposition aux nobles, un habitant d'un village, par opposition aux bourgeois résidant en ville ou un paysan libre par opposition au serf.

VIRELAI [ n.m.]
Poème souvent construit comme un lai

VOLUCRAIRE [ n.m.]
Catalogue symbolique d'oiseaux.

VULGATE [ n.f.]
Traduction de la Bible à partir de l'hébreu et du grec, faite en latin par saint Jérôme.

ZÉPHYR [ n.m.]
Du latin zephyrus, emprunté au grec zephyros, vent d'ouest.


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